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Une expérience SVE faite de hauts et de bas en Bulgarie!

October 22, 2015

Margot  et Yorick sont partis en Service Volontaire Européen en Bulgarie durant 11 mois à l'Alliance française de Varna. Une expérience enrichissante faite de hauts et bas! Ils témoignent. 

 

 

Pourquoi partir en SVE en Bulgarie?

 

Margot: 

 

" Je n’ai pas choisi la Bulgarie, c’est elle qui m’a choisie ! "

 

Un pur hasard et une incroyable opportunité, contrairement à la plupart des volontaires, je n’avais aucune intention de m’engager dans un tel projet pour la simple et bonne raison que je n’avais absolument aucune idée de ce qu’était le SVE avant d’en faire l’expérience. Je me plais à dire que je n’ai pas choisi la Bulgarie mais que c’est elle qui m’a choisie !

 

Lorsque je repense à la manière dont je me suis lancée dans cette formidable aventure, je me dis que c’était de la folie. Mais comme c’est doux d’être un peu fou parfois ! Toujours est-il que je ne regrette pas une seule seconde cette expérience et que si je devais n’en retenir qu’une seule leçon, ce serait de toujours saisir les opportunités qui se présentent à nous.

 

L'Alliance Française de Varna

 

 

Yorick et Margot ont passé onze mois à Varna. Leur SVE se déroulait au Centre Francophone de Varna qui regroupe l’Alliance Française de Varna et une antenne de l’Institut Français de Sofia. L’équipe était majoritairement composée de femmes, comprenant 5 salariées. Il s’agissait donc d’une toute petite équipe que Margot qualifie de "familiale, conviviale et dynamique".

 

 

Quelles tâches avez-vous effectuées?

 

Margot: Il n’est pas aisé pour moi de définir précisément les tâches qui m’ont été confiées tant elles étaient diverses. Cependant, ma mission principale au sein du Centre Francophone de Varna consistait à aider mes collègues à organiser des événements éducatifs et culturels et à les promouvoir. J’ai ainsi été amenée à créer une grande partie de nos supports de communication sous formats print et digital (affiche, flyer, montage de vidéos etc.) et à rédiger régulièrement le contenu de nos articles web, des revues de presse, des lettres d’information et des messages publiés sur les réseaux sociaux. Nous étions également en charge d’autres activités parallèles.

 

"Ce fut une expérience incroyable !"

 

Au-delà de ces activités quotidiennes, j’ai eu l’immense opportunité de mener des projets personnels grâce à Stéphanie Dumortier, chargée de coopération pour le français à l’Institut français de Varna. Elle m’a donné carte blanche pour gérer de A à Z la mise en œuvre d’un tout nouveau projet cinématographique au Palais des Festivals de Varna (en collaboration avec Europa Cinemas) à destination d’un public scolaire. J’ai ainsi organisé et animé, deux fois par mois, des séances gratuites de films français contemporains pour les jeunes lycéens de Varna.

Chaque projection était précédée d’une présentation des films et suivie d’un débat avec le public sur diverses thématiques. Ce fut une expérience incroyable ! J’ai également été amenée, en dehors de mes heures de travail, à assister une metteuse en scène bulgare qui préparait une troupe de lycéens à un concours international de théâtre francophone. Grâce au soutien financier de l’Institut

français de Sofia, j’ai pu assister au concours avec ma troupe et séjourner quelques jours à Stara Zagora. Et je ne suis pas peu fière de vous dire que mes petits comédiens sont arrivés à la 3ème place sur le podium !  Grâce à ces projets, j’ai eu le sentiment de me rendre utile et de pouvoir créer « quelque chose », tant sur le plan professionnel que personnel.

 

Yorick: Les projets ont été divers et variés au cours de ces mois-ci certains méritent d’être évoqués et développés. Dès le mois d'octobre, la journée portes ouvertes au centre francophone de Varna a battu son plein !

Le travail a par la suite constitué à developper l'audience en organisant des événements en rapport direct avec la culture française et la francophonie dans la ville de Varna. 

 

L’événement marquant et le plus intensif de ces mois en SVE a été le mois de la francophonie. Durant le mois de mars, de nombreux événements liés à la langue française se sont déroulés dans nos locaux ou bien à l’extérieur du Centre francophone de Varna, aussi bien en semaine que pendant le week-end, de nuit comme de jour.

J'ai également été missionné pour un projet de lecture intitulé Lire à deux voix. Celui-ci s'est déroulé du mois de février au mois de mai 2015. Il a pour but de rapprocher à la fois les jeunes générations issues des collèges et des écoles primaires de Varna ainsi que les anciennes générations autour de la francophonie.

 

Outre ces grandes lignes on peut également ajouter le travail de fond que j'ai du effectuer tout au long de ces mois de volontariat. Il a été vital d'alimenter pour tout les moyens possibles notre communication via toutes les plateformes à notre disposition (Facebook ou encore site internet). 

 

Enfin, les cafés polyglottes ont été des événements récurrents dans notre programme culturel. Événement mensuel, celui du mois de juillet a été la 34ème édition. Pour chaque édition nous nous sommes efforcés de donner un caractère particulier et spécial en invitant quelqu'un en particulier ou encore en proposant un thème pour la soirée. 

 

Des éléments à revoir...

 

Margot: Bien que mon année de volontaire au sein de l’Alliance Française de Varna fut extrêmement enrichissante, il me semble important de souligner également les points faibles et les difficultés que nous avons pu rencontrer lors de notre expérience.

Je commencerai par ce qui m’a le plus déroutée au cours de mon année, qui est la méconnaissance ou la mauvaise compréhension du statut de « volontaire » des organisations qui nous accueillent. Un volontaire ni n’est un salarié lambda, ni un bénévole, ni un stagiaire. Et ce flou artistique autour de sa définition peut avoir certaines conséquences contradictoires. Cette situation est délicate car le volontaire n’arrive pas toujours à se positionner. 

Avec Yorick, nous avons travaillé 40h par semaine durant 11 mois, sans compter les heures passées à organiser les événements qui avaient lieu le soir ou le weekend. Très vite, j’ai eu l’impression de vivre un peu trop Alliance Française : de me lever Alliance Française, de manger Alliance Française, de rêver Alliance Française. Les personnes avec lesquelles nous avons travaillé étaient des passionnées. La limite entre la vie professionnelle et la vie privée tendait à se resserrer. C’était à la fois stimulant d’avoir des supérieures dynamiques et impliquées mais difficile à gérer au quotidien car nous étions trop souvent perçus comme des salariés et non comme des volontaires et notre mission principale ne nous laissait que trop peu de temps libre pour effectuer d’autres projets qui auraient pu nous tenir à cœur.

 

Je pourrais également ajouter un autre bémol, dont découle le premier problème, qui fut un manque notable de management et d’organisation. Le fait que nous ayons deux supérieures ayant en charge des activités très différentes ne facilitaient pas la communication entre nous. Nous ne savions même plus à qui nous adresser. Nous étions très autonomes et la plupart du temps nous recevions nos missions journalières d’une autre collègue. De fait, nous avions parfois l’impression de quémander pour avoir des tâches à effectuer, ce qui n’était pas toujours très agréable à vivre.

Encore une fois, il est nécessaire de discuter dés votre arrivée de vos activités et de demander un planning annuel, même flexible.

 

Yorick: J'aimerais informé les prochains volontaires de ce à quoi s'attendre de la part de l'Alliance française de Varna. Loin d’être dotée d'une ambiance de travail délétère, il y a cependant des pièges dans lesquels ne pas tomber dans cette association. Tout d'abord il faut savoir que personne là-bas n'a une quelconque idée de ce qu'est de près ou de loin le volontariat et tout ce que cela comporte. On pourrait dire que c'est un mélange entre laxisme bulgare pour les mauvais cotés (préparation à la dernière minute, repoussement de la responsabilité sur autrui), et rigidité française (40 heures de présence obligatoire au bureau même si l’activité y est parfois réduite, pression négative inutile en amont des événements que nous organisions).

Une grande mésentente est à déplorer entre l'Alliance française et ForYou (organisme d'accueil de jeunes volontaires étrangers). J'ai soupçonne l'Alliance française de n'avoir même pas pris la peine de lire notre contrat. Je ne pense pas qu'ils avaient une quelconque idée de qu’était un « projet personnel » dans le cadre du SVE et ils n'ont donc jamais voulu nous accorder de jours à cet effet. Dans la mesure où nous travaillions déjà 40 heures par semaine au Centre, nous n'avions aucunement envie de passer le reste de notre temps libre à travailler encore sur un autre projet.

Au début du SVE nous avons été invités à compter nos heures supplémentaires, nombreuses du fait de nos événements. Naïvement j'ai pensé que cela n'allait pas être nécessaire dans la mesure où en tant que volontaires nous n'avions pas à rechigner et que allions rattraper à l'amiable ces heures supplémentaires en plus des deux jours par mois accordés dans le cadre de notre contrat de volontariat. Erreur. Il a fallu faire des pieds et des mains pour se voir accorder une demi journée quand bien même c’était un du. Même si nous nous efforcions de ne pas prendre ces journées lorsque l’activité était intense, comme durant le mois de la francophonie, c’était toujours une hantise que de les demander.

Je tiens aussi à ajouter que la mésentente flagrante au sommet du Centre francophone de Varna n'a pas permis une grande liberté de notre part. La hiérarchie floue entre l’attaché de coopération de l'Institut français et la directrice adjointe de l'Alliance française n'ont pas permis une bonne coordination dans nos actions et ont vraiment fait de certains événements festifs et ludiques à organiser, une horreur.

 

Mais la Bulgarie et les Bulgares dans tout ça?

 

Yorick: Ce qui m'a dès le premier jour interpellé à Varna c'est le nombre d'espagnols dans ce programme Erasmus +. A Varna, sur la vingtaine de volontaires que comptait la ville, une bonne dizaine était d'origine espagnole. Etant donnée la forte propension des latins à ne pas parler anglais ou en tout cas à ne pas vouloir le pratiquer lorsqu'ils sont en minorité, cette année m'aura définitivement permis d’améliorer cette langue que j'avais apprise il y a quelques années. Nous avons très vite formés une communauté.

 

Durant ces mois de SVE j'ai visité 10 nouveaux pays. Dans l'ordre, la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie, la Hongrie, la République Tchèque, l'Autriche, l'Allemagne, la Macédoine, le Kosovo et l'Albanie. J'ai eu l’opportunité de voyager seul ou accompagner lors de ces périples. J'ai traversé quelques moments difficiles en faisant du stop, en tombant malade en Turquie ou encore en se retrouvant dans une attaque terroriste en Macédoine, mais cela a aussi fait partie de mon expérience.

 

"Il est difficile d'avoir une relation autre que superficielle avec eux."

 

Enfin, en règle générale, la Bulgarie est un pays assez peu accueillant dans la mesure où le sourire et le service clientèle sont assez inexistants. L'organisation de choses aussi simple qu'une station de trains très chaotiques et les gens qui parlent anglais sont définitivement assez difficiles à trouver.

Malgré cette morosité palpable le bulgares sont des gens accueillants même s'il est difficile de le voir au premier abord. Cependant, en dehors de ceux qui ont déjà eu une vie à l'internationale, il est difficile d'avoir une relation autre que superficielle avec eux.

 

Margot: Le Service Volontaire Européen ne se résume pas simplement aux missions qu’on effectue dans notre organisation d’accueil. Mon année en Bulgarie est et restera une année inoubliable à mes yeux car j’ai eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires, de voyager dans un pays absolument sublime (bien que méconnu), de découvrir une culture unique, de m’épanouir au quotidien et de revenir chez moi avec des souvenirs plein la tête.

 

"ce fut une incroyable découverte pour moi ! "

 

Comme je vous l’avais dit plus haut, je ne connaissais pas du tout ce pays avant d’y vivre et je n’avais donc pas vraiment d’attentes ou d’idées préconçues à son sujet. Et ce fut une incroyable découverte pour moi ! Quelle histoire ! Quelle culture ! Quelle richesse ! Ce pays vaut le détour, croyez-moi. C’est un lieu avec une âme comme on en voit de moins en moins de nos jours. Ce tout petit pays regorge de trésors à découvrir, de paysages si variés, de coutumes si différentes, de villages pittoresques, de villes ultra modernes, de sites archéologiques à couper le souffle datant des empires Thrace, Romain, Grec et Ottoman. La Bulgarie est un espace intemporel. 

Je dois avouer que de prime abord le contact avec la population n’a été pas aisé. Les bulgares ont tendance à être très froids et distants, et peuvent même parfois nous paraître impolis. Mais je ne voudrais pas faire un portrait trop sombre de ce peuple qui n’est pas que violent, nationaliste et replié sur lui-même, comme on a tendance à le penser, car j’ai eu la chance de rencontrer des bulgares chaleureux, bienveillants et heureux de pouvoir échanger avec des étrangers. En fait, j’ai fait des rencontres exceptionnelles dés le début de mon séjour. Des rencontres qui me marqueront à vie car elles ont changé une partie de moi. Grâce à des débats, des échanges passionnés avec certains bulgares, j’ai appris à être plus à l’écoute de l’autre. 

Malgré certains obstacles rencontrés sur ma route lors de mon année, je garde un souvenir mémorable de mon expérience de volontaire en Bulgarie. Je n’ai absolument aucun regret, si ce n’est que le temps soit passé beaucoup trop vite.

 

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